Un échange graphique

En se remémorant les différents éléments affichés dans les vitrines de l’école, on s’est souvenus de cette grande surface recouverte de posters orange fluo. On est donc parti à la recherche de leurs auteur.e.s. On a rencontré trois élèves de la Matu et trois de la première classe graphique, et on leur a demandé de nous expliquer de quoi il s’agissait.
En quoi consistait ce workshop Echange Graphique?
Louanne (Matu) : En gros, on devait créer des affiches de soldes, avec des typos maison pour une vente d’habits qu’on organisait à l’école. Alvina (Matu) :
La thématique, c’était surtout du coup les soldes et tout ce que ça implique, et du coup la surconsommation, et aussi un peu l’écologie… Pauline (GR1) :
La première semaine, on a fait pas mal d’ateliers de 15-20 minutes où on a dû écrire Soldes de différentes manières. C’était tout le temps manuel comme travail. Louane (Matu) : On a fait des tests avec des matières, genre de la mousse expansive, de la ouate, des aiguilles, un peu tout et n’importe quoi. Tristan (GR1) : Après on a produit des affiches avec les essais qu’on a faits, d’abord on a travaillé de façon analogue, on a créé les écritures, et après on a utilisé les logiciels pour numériser tout ça.
Comment est-ce que vous vous êtes documentés sur le sujet ?
Amélie (GR1): On a commencé par visiter une exposition au MUDAC, sur une photographe de mode. C’était très intéressant, mais ça n’avait pas beaucoup de rapport avec les soldes. Ensuite, on est allé visiter le Laboratoire (une boutique de slow fashion, ndlr) où on nous a vraiment expliqué comment produire les vêtements équitablement pour payer tout le monde. Les stylistes nous ont dit qu’elles réutilisaient aussi d’anciens vêtements pour en créer de nouveaux. Pauline  (GR1): Et la gérante de ce magasin a justement pour but de ne pas faire de soldes. Parce que, selon sa réflexion, les soldes, ça implique de sous-payer des gens. Louane (Matu) : Après le Laboratoire, on est allé explorer les magasins en ville, parce qu’il y avait le Black Friday. On est allé faire plein de photos pour documenter comment on met en page les soldes, comment c’est conçu pour qu’on soit attentifs au message. La visite à Lausanne, c’est le seul moment où on n’était pas par binôme. On est resté les élèves de matu ensemble, et les graphistes de première année ensemble. Raquel (Matu): Quand on est rentré, on nous a communiqué qu’on allait organiser un vide-dressing à la fin du workshop. C’est à ce moment-là qu’on a commencé à discuter plus précisément de comment mettre tout ça en forme. Et le type d’affiche qu’on pouvait faire.
Dans quelle mesure avez-vous collaboré ou échangé avec les premiers graphistes ?
Louanne : On travaillait par groupe de deux, une personne de la Matu, une personne de la classe des graphistes. Après, ça changeait en cas d’absences ou de maladie. Il y a certaines personnes qui sont restées tout le long avec la même personne et d’autres pas. En soi, ça dépendait des groupes. Tristan : En général, ces groupes c’était toujours un mélange. Pour moi c’était un peu plus facile parce que je suis bilingue, mais quelques-uns avaient du mal à parler. Louanne : Oui, il y a des groupes où ça collaborait quasiment pas, où la barrière de la langue rendait les choses compliquées. Et après, il y a d’autres groupes où on échangeait soit en allemand, soit en français, et certains parlaient aussi anglais. Nous deux, on a pas mal travaillé ensemble et donné son avis sur ce que l’autre faisait. Et on s’est beaucoup entraidé avec les logiciels. Pauline : Si je peux prendre l’exemple sur cette affiche-là, on était les deux à découper ou à créer des éléments. Après on avait une espèce de galerie de choses réalisées la première semaine, qu’on pouvait utiliser pour nos affiches. Donc moi et la personne avec qui j’étais, on avait le même matériel de base pour créer nos affiches. Raquel : Comme je ne parle pas allemand non plus, c’était plus une communication visuelle dans le sens où on se montrait les choses, et l’autre disait si c’était cool ou non.
Qu’est-ce que cette collaboration vous apporté ?
Louanne : En vrai, maintenant, je connais pas mal de personnes chez les graphistes de première année. Et c’est devenu des potes. Et sinon, pour les logiciels, j’ai beaucoup appris dans Photoshop, parce que j’avais peu d’expérience avant. Tristan: Moi, c’était Illustrator où je savais plus de choses. Et on a pu s’entraider parce que Lou savait mieux utiliser Photoshop, et moi, j’étais plus fort en Illustrator. Raquel :
C’était cool parce qu’on était vraiment avec les profs et les graphistes, et c’était aussi très intéressant d’essayer de parler avec tous ces gens, dans des langues qu’on ne parle pas forcément. Même les profs étaient mélangé.e.s : deux parlaient allemand et une français. Essayer de se débrouiller avec ça, échanger visuellement, communiquer autrement, ça m’a vraiment plu. Amélie :
Je pense que ça m’a pas mal apporté, parce qu’on n’a pas eu le même parcours avant. Les élèves de la matu vu ont fait ces trois ans d’école de culture générale, et nous pas forcément. Les élèves sortent directement de l’école obligatoire, ou on fait juste une année préparatoire. Du coup c’était très intéressant, parce qu’on n’a pas les mêmes bagages. Pauline : Je trouve que c’était intéressant dans le sens où pour nous, vu qu’on est la première année graphique, ça faisait partie des premiers projets où on abordait vraiment la thématique de l’affiche. Et pour la matu, comme leur formation c’est sur un an, elles n’avaient pas forcément fait ça avant. Donc Toute la classe était en train de tâtonner, trouver des trucs qui jouaient bien. Ce qui était cool avec ça, c’est que ça a un petit peu forcé à la communication.
Et comment s’est passé le vide-dressing ?
Amélie : Chacun et chacune pouvait amener des vêtements qu’il pouvait vendre ou donner selon son choix. Pauline : Ça a duré une journée, enfin un midi plutôt. Toujours dans ce truc moins cher de soldes, de seconde main, de recycler des choses.
Pensez-vous que cet échange entre les deux classes a été bénéfique aussi hors du workshop ?
Pensez-vous que cet échange entre les deux classes a été bénéfique aussi hors du workshop ?