Pour son grand saut dans le monde du NIFFF, la classe de CPMD 1 est bien entourée. William Ouy-Lim Do, concepteur multimédia, et Lilo Wulschleger, cinéaste, l’accompagnent dans cette aventure palpitante. Lilo nous explique quelques-uns des défis qui y sont liés.
À l’heure actuelle, les jeunes consomment énormément de contenu audiovisuel sous toutes les formes possibles et imaginables. Par conséquent, ça me semble extrêmement important d’offrir un espace, une opportunité, une expérience pour aussi pouvoir devenir producteur de ce contenu. Ça me semble essentiel.
Les élèves étudiant ici à l’Ecole d’art de Bienne ont l’opportunité d’expérimenter différents types de contenu audiovisuel, allant du documentaire, au portrait, à la fiction, au clip musical. Et dans ce workshop-ci, on profite de l’opportunité de projection au NIFF* pour explorer le cinéma dit de genre. Proposer et rendre possible la projection de films réalisés par les jeunes de 15 à 20 ans dans le cadre du NIFF, c’est ouvrir un espace de valorisation des travaux inouï, un espace de rencontre et puis aussi de débats par rapport aux œuvres qui ont été produites. Alors ce qu’on a proposé, c’est une palette de court-métrage d’une durée de cinq minutes maximum.
Le cinéma d’horreur fantastique, la science-fiction, ce sont des modes d’expression qui permettent de questionner la forme au niveau des effets spéciaux, au niveau du sound design, au niveau de l’esthétique. Mais surtout, ça permet ce cinéma de genre de raconter des choses sur notre société, sur comment on se positionne comme être humain dans ce monde. C’est en fait une manière un peu détournée de mettre l’accent sur des problématiques de notre monde contemporain. Et c’est un champ très, très large puisque certains groupes vont utiliser le stop motion, un groupe est parti en tournage dans un chalet pendant deux jours, un autre, dans un hôpital. On a des personnes qui vont peut-être aller explorer des territoires artificiels ou des espaces virtuels. On a toute une palette de films qui promettent d’être absolument passionnants en cours de production. Avec mon collègue William, nous avons la chance et le plaisir d’accompagner les élèves dans ce projet qui est aussi un grand challenge parce que dans le court-métrage, il faut tout de suite être au point pour raconter une histoire rythmée, et en parallèle s’intéresser au personnage. Et comme on est dans le cinéma de genre, il faut qu’il y ait des éléments fantastiques, des éléments d’horreur. C’est pas facile de raconter quelque chose de profond dans une durée aussi courte.
C’est extrêmement important d’accompagner les jeunes dans cette création qui va leur être utile pour leur vie professionnelle future. Aujourd’hui il faut savoir se positionner en prenant en compte l’image, le son, le sens. Et il faut aussi être capable de réfléchir à ce qu’on montre, ce qu’on regarde, ce qu’on partage derrière un petit ou un grand écran et surtout ce que ça veut dire.
En juillet prochain 2024 au NIFF, on va donc projeter les films qui ont été réalisés ici à Bienne, mais aussi des projets qui ont été faits dans d’autres établissements. Tous ces jeunes cerveaux vont pouvoir montrer et débattre de leur proposition sur la thématique Monde parallèle. Et on a hâte de voir ce qu’ils ont à montrer !
* Neuchâtel International Fantastic Film Festival,